Réminiscences

Les deux officiers de la Crim’ avaient fini leurs vingt-quatre heures de garde et roulaient à présent vers l’Estaque. Lorsqu’ils atteignirent le petit port du 16ème arrondissement de Marseille, Karine Costello eut l’estomac noué. Et le fait qu’elle vive dans le quartier depuis de nombreuses années n’amoindrit point son angoisse. Depuis le drame, elle allait mal. Elle évitait de se retrouver seule autant qu’elle le pouvait alors lorsque Maxence la déposa chez elle, elle l’invita à dîner. Près de lui, elle se sentait en sécurité. Ils prirent une douche, se mirent à l’aise sur le canapé et burent plus qu’ils ne mangèrent. La soirée fut légère et distrayante mais à présent, le silence régnait.
— À quoi tu penses, Cos ?
— À Linda. À ce dernier soir passé avec elle avant son meurtre et celui d’Alex et Bastien Rodrigo. J’ai du mal à me dire que je ne reverrai jamais plus mon amie d’enfance et j’ai du mal à accepter qu’on n’ait toujours pas trouvé son putain d’assassin. – Elle se leva et inspira profondément. – Merci d’être là Max, ça me fait du bien.
Elle se lova dans les bras de l’homme et il sentit son cœur s’emballer. C’était bien la première fois qu’elle laissait transparaître sa fragilité sans la moindre pudeur. Pourtant, elle en avait bavé. Son père était mort dans un incendie, sa mère s’était suicidée et Karine n’avait plus que pour seule famille Johanna. Les deux sœurs étaient très proches l’une de l’autre, dans le privé comme au boulot puisque l’aînée était l’un des médecins légistes avec qui la Brigade travaillait.
— On va le coffrer cet enculé, la rassura-t-il en caressant son visage. Il profita de l’étreinte autant qu’il le put puis y mit fin, à contrecœur. Ils ne devaient pas se laisser emporter par cet excès de tendresse, d’attraction.
— Je vais y aller, il est tard.
— Reste ! lui commanda-t-elle avec un regard à la fois implorant et déterminé. Puis, elle l’embrassa.
— Hé… attends, dit-il en déliant les doigts de la femme accrochés à son cou. On peut pas faire ça, on a bu comme des trous, tu es en deuil… C’est juste… pas le bon moment.
— Arrête tes conneries Max, tu sais très bien qu’avec notre boulot, ça ne sera jamais le bon moment ! – Elle soupira et reprit, posément – Rien ne la ramènera de toute façon alors… Et puis je sais ce que je veux, OK ?
— Il y a quelques semaines tu m’as pourtant dit que ton cœur était pris.
— Il ne l’est plus.
Ses mots furent comme un signal. Maxence lui rendit son baiser, s’emparant de sa bouche avec ardeur et fièvre. Lorsque leurs corps se firent brûlants, que le désir les transporta, ils finirent sous les draps et y firent l’amour jusqu’au petit matin.


Lorsque Maxence ouvrit les yeux, il la trouva penchée sur une dizaine de dossiers. Il quitta le lit et, entièrement nu, la rejoignit à table. L’atmosphère était pesante, chargée, et le beau brun fut immédiatement saisi d’un mal-être inexplicable. Il sentit cette lourdeur l’envelopper, dressant ses poils sur ses bras et s’immisçant jusqu’au plus profond de ses tripes. Il avait l’habitude de vivre sous pression, de cohabiter avec le stress et de flirter avec la mort… mais ce qu’il se dégageait en ce moment-même, dans cette pièce, était différent. C’était le Mal, le mal à l’état pur, le mal sous sa forme la plus brute. Malgré la chair de poule lézardant des orteils à son crâne, il se ressaisit et s’avança vers sa coéquipière, ne sachant pas à ce stade si elle était plus que ça.
— Tu t’arrêtes jamais, hein ? Écoute Cos, je comprends ta démarche, tu veux trouver ce malade mais bosser sur l’affaire même de chez toi ça va te rendre dingue. C’est malsain.  Il faut que tu lâches prise. Laisse faire la Brigade, on est tous dessus. On va le serrer, je te le promets.
— Peut-être… pourtant aucun de vous n’a saisi ce que je viens de comprendre. Elle lui balança au visage un condensé de l’enquête. Surpris par son agressivité, Maxence la dévisagea. La noirceur dans ses yeux et la dureté de ses traits le désappointèrent. Il lut les notes en diagonale, repérant les mots surlignés en jaune. Des bribes d’indices.
— Où veux-tu en venir ?
— Mais réfléchis bordel ! On s’est trompés de voie ! On cherche un trafiquant de drogue mais c’est un flic qu’on doit trouver !
— Cos, calme-toi, dit-il en diminuant l’écart érigé entre eux. Son élan fut stoppé net lorsqu’elle recula, terrifiée.
— Je ne peux avoir confiance en personne. Sors de chez moi ! exigea-t-elle en jetant ses vêtements à ses pieds.
Maxence chancela. Pris de panique, il quitta l’appartement et une fois au volant de sa voiture, passa un bref coup de fil : c’est la merde, Johanna. Ta sœur sait. Elle sait que le tueur est un flic.

Malgré ses trente-six heures de garde et son épuisement indéniable, Karine épluchait encore ses dossiers. Mais depuis qu’elle avait pris ses distances avec Max, elle perdait pied. Elle avait compris que pour résoudre ses affaires croisées, elle devait voir le tout avec le pragmatisme de pro qu’elle avait laissé de côté depuis qu’elle avait légitimement rendu cette affaire personnelle. Ses émotions perdaient son flair d’enquêtrice, alors, elle se recentra. Pourquoi un putain d’enculé de flic aurait tué ces trois victimes-là ? Qu’avaient-elles en commun que le tueur convoitait ? songea-t-elle. Elle se pencha pour la énième fois sur les notes du Procédurier et analysa méticuleusement les photos des cadavres. Elle plissa les yeux sur l’un des clichés et soudain, un détail l’électrisa. Un briquet. L’insignifiant objet eut pourtant le pouvoir de réveiller en elle un souvenir vieux de vingt ans. C’était le jour de sa dixième année. Son père était rentré de voyage spécialement pour l’occasion et lui avait offert un joli collier auquel était suspendu un pendentif ramené d’Afrique. Ce fut le dernier instant qu’elle partagea avec lui… Costello sortit de ses pensées, confuse. Sans lui laisser la moindre seconde de répit, un flash-back émergea à nouveau : elle se tenait calmement devant une bâtisse en flamme, un briquet emprisonné entre ses petits doigts fragiles, totalement indifférente aux hurlements qui émanaient du feu. Pendant de longues secondes, Karine fut harcelée par les images horrifiantes que son inconscient avait décidé de délivrer en une salve sans fin. Tous les jeux de sa vie qu’elle avait masqués depuis deux décennies lui revinrent en mémoire, mettant en lumière les situations floues qu’elle n’avait jamais su expliquer. Maxence entra dans le bureau sans penser qu’il la trouverait ici.
— Excuse-moi, je savais pas que tu étais là. Désolé, je récupère un dossier et je me barre.
Il s’apprêta à quitter les lieux lorsque les tremblements de Karine l’en dissuadèrent.
— Eh Cos, ça va ? – Aucune réponse, alors doucement, il s’approcha. – Karine ? Eh, Karine ?
Aucun son. Aucun mot. Aucun geste. Rien hormis l’expression de frayeur empreinte sur son visage dégoulinant de larmes. Il empoigna le menton de la jeune femme afin de capter son attention. Elle le regarda et aussitôt s’éloigna de lui.
— Ok, je te laisse tranquille, j’ai compris, je me barre…
— Attends ! cria-t-elle. Reste. J’ai des choses à te dire. Elle enclencha discrètement le bouton « marche » du dictaphone posé sur le bureau et se tourna vers Maxence.
L’air inquiet, il passa ses mains dans ses cheveux comme il le faisait lorsqu’il était dans une impasse.
— Qu’est-ce qu’il se passe Karine ? Tu commences à me faire vraiment flipper…
Elle ne prêta aucune attention aux propos de son équipier et, bouleversée, la gorge nouée, se mit à raconter à haute voix sa propre histoire à mesure que son esprit en libérait les images :
— Je me suis confiée à Linda, lui ai avoué mon obsession pour son patron, mon désir viscéral d’être avec lui. Elle m’a écoutée, conseillé de patienter, disant qu’un jour il se rendrait compte de ma valeur.Ses traits se firent sévères, ses mâchoires se crispèrent, elle semblait être entrée dans une sorte de transe. Maintenant, elle ne regardait même plus Maxence, ne paraissait plus le voir et semblait plutôt s’adressait directement à sa défunte amie, comme si elle était près d’elle dans la pièce. – Linda, je t’ai vue ce soir-là rejoindre furtivement Bastien dans son bureau. Je t’ai suivie et c’est là que j’ai compris que tu m’avais trahie. Vous vous embrassiez, vous regardiez avec tant de tendresse, vous parliez avec tant de complicité. L’amour transpirait tant, dans chacun de vos gestes, que j’en aurais presque vomi. Alors, je me suis rassise à table avec nos amis mais le cœur n’était plus à la fête. Tu m’as caché votre relation, m’as menti ! J’ai sorti mon carnet de notes, j’ai écrit vos deux noms et mon esprit fut empli de soif de vengeance !
Le ton tonitruant de sa propre voix la figea et sortit soudainement Maxence de ses investigations mentales, comme s’il venait d’en découvrir la clef. Son corps se raidit et son poult s’accéléra. Tous ses muscles se bandèrent et, presque violemment, il s’élança vers Costello. Fermement, il l’attrapa par les bras et plongea son regard dans le sien.
— Cos, regarde moi ! Tu es encore sous le choc de la mort de Linda… ça te plonge dans un état second, tu es en plein délire ! – Il colla son corps à celui de sa partenaire, leur deux visages à quelques centimètres l’un de l’autre. Il lui parla à l’oreille et poursuivit sa phrase en un chuchotement. – Karine, je sais de quoi ça à l’air mais je t’en prie ne dis rien. Refoule ce que tu ressens et ferme-la. La Brigade est presque au complet à côté, si les gars t’entendent, nous sommes…
Sa phrase resta en suspens lorsque Costello s’extirpa de son étreinte, brisant l’emprise que l’homme avait exercée sur son esprit.
— Je suis désolée Max, vraiment, j’aurais aimé que ça se passe autrement mais tu dois entendre la vérité, tous doivent l’entendre… – Elle s’assit sur le bureau près du dictaphone et caressa instinctivement le bijou suspendu à son cou. Puis, avec la même vivacité que les minutes précédentes, repris son récit là où elle l’avait arrêté. – J’étais tellement en colère quand j’ai vu Linda dans les bras de Bastien que je suis partie. Je suis sortie du restau en courant, les larmes brouillant ma vue, la rage grondant dans tout mon être. J’aurais dû rebrousser chemin lorsqu’Alex Rodrigo m’a rappelée ! Pour le fuir j’ai pris les escaliers qui mènent vers le port mais il a freiné ma course avec son : Hé, Lieutenant, vous avez oublié votre calepin ! Je me suis retournée et lui ai demandé de me le rendre. Mais il était saoul, têtu et… trop curieux. Malgré mes avertissements, il l’ouvrit à la dernière page noircie d’encre. Il y trouva le nom de son frère et la manière dont  j’allais lui ôter la vie. Il avait entre les mains une préméditation de meurtre écrite noir sur blanc. Je voulais mon calepin. Il refusait de me le rendre. Alors j’ai voulu son silence. Sous la menace de mon arme, je l’ai fait avancer vers la rade et l’ai frappé avec la crosse de mon flingue. Il est tombé entre deux bateaux, j’ai simplement eu à attendre sa mort… Je suis rentrée chez moi et aux premières lueurs du jour j’avais oublié, comme à chaque fois, le crime que je venais de commettre.
— Karine, ça suffit, arrête ça tout de suite… lança Maxence en tentant à nouveau de juguler les terribles confessions de la femme dont il était tombé amoureux. Sur ces gardes, elle lui ordonna d’un geste de la main de ne pas s’approcher.
— Laisse-moi finir ce que j’ai commencé Maxence. – Elle l’implora de son regard désolé et repris son monologue. – Peu après, la Brigade investiguait sur le meurtre et lors de l’enquête de voisinage, nous avons été directement au restaurant duquel Alex Rodrigo sortait juste avant de se faire descendre. Le Fresh, l’établissement de son frère Bastien… une occasion pour moi d’atteindre mon but.
Maxence la coupa à nouveau, désemparé.
— Karine, je t’en prie… ne dis plus rien. Ça va mal finir… tais-toi je t’en supplie… La jeune femme l’ignora, une fois de plus.
— J’ai donc interrogé Bastien et l’amour que j’avais éprouvé pour lui s’était mué en une haine que je devais tarir. Alors, j’ai versé dans son verre un mélange mortel au nom compliqué, volé dans le labo de ma sœur ! Elle se tut un instant et digéra tous ses souvenirs sans frémir, avec une certaine acceptation, voire une certaine noblesse. Seul le dernier la fit tomber à genoux. Telle une schizophrène, elle se mit à crier, les deux mains plaquées contre ses oreilles, les paupières closes, comme pour échappait à ce que son esprit lui imposait. Elle zigzaguait dans la pièce, se heurtant au mobilier, épuisée par ses propres cris, rongée par cette souffrance de laquelle elle ne pouvait s’échapper.
— Karine, que se passe-t-il ? Réponds-moi je t’en prie ! la supplia-t-il, en se pressant de la rejoindre.
— Non non non ! C’est impossible, je n’ai pas pu faire ça ! s’étrangla-t-elle en se laissant choir sur le sol. Telle une droguée sous crack elle ne bougea plus et ne fit que contempler l’acte dans lequel elle se vit presser la gorge de sa meilleure amie. Elle émergea de son songe éveillé et, dans un bref instant de lucidité, réalisa que ce qu’elle cherchait avait toujours été sous ses yeux. Ce qui liait les victimes, c’était elle ! Ça n’avait toujours été qu’elle et ce depuis son plus jeune âge. Elle seule avait allumé l’incendie pendant que son père dormait, en ayant bien pris le soin de fermer à clef la chambre dans laquelle il s’était assoupi. Elle seule encore avait fait ingurgiter à sa mère des tas de comprimés minutieusement mixés et avait déguisé la scène en suicide. Puis il y eut Bastien, Alex, Linda et d’autres entre temps. En fait, à chaque fois que nécessaire car lorsque Karine voulait, il fallait qu’elle ait. Bien souvent elle gagnait sans combat mais quand la moindre résistance venait poindre, son côté sombre l’entraînait dans des accès de folie, exacerbait ses désirs jusqu’à ce qu’elle commette le pire pour les assouvir. Elle seule voulait, elle seule prenait. Costello était à la fois l’émetteur des souhaits qui frottait la lampe et le génie qui les exécutait. Une meurtrière guidée par ses envies capricieuses, une cinglée qui était parvenue à se cacher à elle-même ses propres forfaits. Terrassée par les atrocités que ses propres volontés avaient engendrées, elle se rendit à l’évidence. Maxence le comprit et s’effondra. Il enlaça Karine et cette fois-ci, elle le laissa faire. Ils s’échangèrent un baiser, leurs lèvres mêlées à leurs larmes. Etranglé par l’émoi, il articula tant bien que mal quelques mots.
— Karine, on va se sortir de là OK ? Mais pour ça il faut que tu gardes le silence.
Dans un élan de lucidité elle se redressa. Il fallait mettre fin au carnage qu’elle avait machiavéliquement ensemencé. Il n’existait pour cela qu’une seule clef et elle s’en empara avec toute sa volonté. Elle procéda comme à son habitude : elle émit un vœu, s’y accrocha éperdument jusqu’à le sentir se mouvoir au creux de ses tripes. Elle souhaita sa propre mort avec tant de ferveur qu’une force incontrôlable l’habita. Elle poussa violemment Maxence qui glissa comme un pantin sur le sol. Il cria lorsque Karine dégaina son arme et la pointa sur elle-même mais rien ni personne n’aurait pu arrêter ce tir. La balle de son revolver perfora sa gorge en sectionnant en même temps le collier qu’elle portait à son cou. Ce fut son ultime œuvre, son souhait le plus magistral, son désir létal mais salvateur.

La légiste fut appelée sur les lieux. Elle ne parvint à verser la moindre larme, à émettre le moindre son et resta là, stoïque, se contentant de fixer le cadavre. Johanna avait toujours redouté ce moment. Elle savait sa sœur psychologiquement instable, connaissait les deux facettes de sa personnalité mais malgré tout, elle l’aimait. Elle s’était efforcée d’écarter Karine de toute suspicion, avait risqué sa carrière en falsifiant ses rapports, affirmé que les autopsies mettaient en exergue le profil masculin du tueur. Si elle avait eu des doutes concernant l’assassin des frères Rodrigo, elle n’en avait eu aucun sur celui de Linda : les traces de strangulation laissées sur son cou étaient celles de toutes petites mains, des mains de femme. Le regard de la légiste s’accrocha à Maxence sclérosé devant le corps mort de Karine, dévasté par le chagrin et elle ne put que se sentir coupable : Elle l’avait anéanti. Elle s’était même servie de lui et repassa en mémoire les arguments qu’elle lui avait exposés. Je vais te confier officieusement ce que je sais et que ma sœur doit absolument ignorer : le tueur est un flic. Si elle apprenait que le criminel n’est nul autre que l’un de ses pairs, elle pourrait commettre le pire pour que justice soit faite. Je veux qu’elle reste en vie et si tu tiens à elle aussi, éloigne-la de cette affaire. Mais Maxence n’était pas dupe et savait lire entre les lignes. Il savait que ce flic serial-killer n’était autre que Karine Costello, sa coéquipière. Il avait voulu balancer tout ça, la coffrer pour ses crimes mais n’avait pu s’y résigner. Il la connaissait. En son cœur il était convaincu qu’elle n’était pas consciente de ses gestes. Il n’en avait pas les preuves mais son intuition le lui dictait. Karine n’était ni folle, ni soumisse à des pulsions meurtrières ! Elle portait quelque chose de sombre en elle mais cette chose n’était pas elle. Plusieurs fois, il l’avait senti ; ce souffle démoniaque, cette brise obscure, cette puissance provenant des ténèbres. Il s’empara du dictaphone contenant les aveux de Cos et le glissa dans sa poche subtilement, se promettant de comprendre cette histoire et de rendre à Karine sa dignité. L’amour fait faire de drôles de choses parfois…

 Johanna ramassa la chaîne brisée ainsi que le pendentif dont la défunte ne se séparait jamais : une petite lampe de génie en or, gravée de quelques symboles inconnus. Elle l’enfila sur son propre collier et dès cet instant, une étrange lueur ondoya dans ses yeux. Elle ignorait que la démence qui habitait sa cadette n’était pas la sienne. Cette fureur qui l’avait poussée à commettre tant de barbarie émanait du vieux bijou qu’elle portait à présent à son cou : cette lampe de génie, source d’énergie diabolique qui se nourrissait des désirs de ses hôtes, les attirant dans les eaux noires et troubles de leur esprit jusqu’à ce qu’ils y perdent pied…

 © Lalcandy Collado – Tous droits réservés

 

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